¨


STATE OF THE ART
group show
17 mars au 29 avril 2017
Lily Robert, Paris


Jordan Blady, niklas BinzBerger, rachell clark, Valentin dommanget, claude eigan, martha glenn, max grau, angelina Jesson & Jaron hill, stephen hiam, lucie mclaughlin, Justin ryan polisky, maya rochat, tracy-Jeanne rosenthal, chloe royer, eleanor strong, dennis rudolph, andrew wyatt



par Ingrid Luquet-Gad Critique d'art

ENG

the catch-all name of State of the art is misleading. It appears to simply describe a factual situation, a state of affairs, the affairs of art more specifically. But let's not be deceived. falsely banal, it is actually the name of a multilateral entity that continuously undergoes change. State of the art first was the name of the artist-run space initiated by Dennis rudolph in Berlin in 2014, with constantly evolving residents, including Valentin Dommanget and Maya rochat represented by Lily robert. what is the state of art in this space in Berlin's Schöneberg district? Its state certainly never solidifies but remains in constant movement, in a liquid or even gaseous state. "today, artistic endeavours have taken on more neoliberal, project-like forms", they explain. according to these artists, the classic format of exhibitions insufficiently reflects a world that is in a constant state of flux and convulses with frenzied hyperpresence. In this world, the artists themselves must be ceaselessly in motion, circulating from one biennale to another, from residency to residency, connecting the dots of the vast global artistic network that stretches from Berlin to Mexico, Paris to Los angeles, which places the classic studio practices of the previous century alongside remnants from the past.

therefore, as an art project space, State of the art invites artists, thinkers, poets and philosophers to present projects and engage in joint efforts, whether these result in material creations, take place on screen or feature intermittent dialogues that lead to collaborations. each project is sustained over time and punctuated with events, which has contributed to turning the venue into a place of creative synergy. however, more recently State of the art has also become an artists collective or rather a 'collective artist' as per the distinction established by the likewise manifold french artist entity known as Claire fontaine. State of the art no longer designates a venue with an exhibitions program, nor an entity that can be extended off-site. on the contrary, the artists have taken on a single name to gain the upper hand from curators. together they create artworks which cannot be simply delineated, because they operate through multiple invitations for temporary contributions. thus, State of the art bursts the banks of the spatial-material state to which art often gets reduced. without a sole author, the nature of the work's creative process tends towards time-based art. But even the unity of place slips out of reach, because State of the art functions within the dimensions of worldwide digital reality thanks to artists who participate over Skype and to viewers who join by live stream.

State of the art will come celebrate its 1000 years of existence at Lily robert in Paris. on 16 March 2017, the gallery will host a grand celebratory banquet in its former wine cellar that is digitally accessible to everyone around the world and to a limited number of guests in the flesh. about 15 artists who have taken part in the activities of the art space in Berlin will come present their work, while Dennis rudolph moderates the evening. the program includes Skype discussions about gentrification with the art scene in Los angeles, performances from London, a lecture from the world’s worst place — flint, Michigan, art videos, chaos, dancing, music and Schnaps distilled by their sponsor Leydicke. Should these means not be sufficiently disconcerting to fully disrupt conventional categories and definitions of art, artists and exhibitions, please note that all components will also be shared live on facebook. the state of the art will be televised or it will not be.



FR

 

State of the art : par son côté passe-partout, le nom déroute. Il s'agirait donc d'un état de fait, d'un état de l'art plus exactement, que l'on pose d'entrée de jeu comme étant connu et avéré. Mais que l'on ne s'y trompe pas. faussement banale, furtive comme on le dit d'un bolide conçu pour pouvoir passer sous le radar, l'appellation cache une formation polycéphale.

State of the art, c'est d'abord le nom du project-space monté à Berlin en 2014 par Dennis rudolph, rassemblant une constellation de résidents en évolution constante. Dans cet espace au rez-de-chaussée du quartier de Schöneberg, accueillant actuellement deux artistes de Lily robert, Valentin Dommanget et Maya rochat, l'état de l'art est liquide voire gazeux, jamais solidifié. "aujourd'hui, le monde de l'art s'est lui-aussi soumis à la logique néolibérale du projet", décrète ainsi Dennis rudolph, pour qui le format classique de l'exposition ne parvient plus à refléter un monde vibrant au rythme épileptique de l'hyperprésent. Dans cette configuration, vaste réseau mondialisé qui connecte Berlin à Mexico, Paris à Los angeles, l'artiste est sans cesse mobile. Délaissant la pratique d'atelier classique, celui-ci trace à la surface du globe des trajectoires reliant biennales, résidences et foires. en réponse à ces évolutions, State of the art invite artistes, théoriciens, poètes et philosophes à venir présenter un projet, dialoguer et collaborer. Sans établir de distinction entre la présence physique et par écran interposé, l'accent est mis sur l'expérience de la durée et la synergie créative d'un point de chute autant que d'un lieu de vie.

Depuis peu, State of the art assume également l'identité d'un artiste collectif – ou plutôt, d'un 'artiste collective', pour reprendre la distinction établie par l'entité elle-même multiple Claire fontaine. State of the art ne désigne donc plus uniquement l'espace physique doté d'une programmation, ni même la reconduction hors les murs de cette entité. au contraire, les artistes du project-space se regroupent sous ce nom afin de reprendre la main au curateur:ensemble, ils créeront une œuvre, mais une œuvre impossible à circonscrire, car fonctionnant ici aussi par invitations multiples et ponctuelles. Débordant de toutes part la triste qualité d'objet à laquelle certains sont parfois tentés de réduire l’œuvre d'art, State of the art en fait voler en éclat la coquille spatio-temporelle. Sans auteur fixe, la nature processuelle de l’œuvre ainsi générée lorgne vers le 'time-based art', tandis que l'unité de lieu elle-même se dérobe sous nos pieds. aux artistes présents via Skype répond l'élargissement du public invité à suivre l'expérience en live-stream, élargissant les dimensions de l’œuvre à l'espace ductile du web tout entier.

entre les murs de Lily robert à Paris, State of the art viendra célébrer ses 1000 ans. Le 16 mars s'y tiendra un grand banquet célébratoire, où les convives prendront place parmi les œuvres de la quinzaine d'artistes actuellement associés aux activités du centre d'art. Maître de cérémonie et modérateur de la soirée, Dennis rudolph programmera une série de réjouissances, dont échange Skype autour de la gentrification en art, une programmation musicale, une performance relatant l'atmosphère du pire endroit de la terre, des irruptions surprise qui ne sauraient être divulguées à l'avances, des vidéos, du chaos, de l'ivresse et des pas de danse. et comme si le parasitage n'était pas encore assez total, comme si l’œuvre, l'auteur ou l'exposition risquaient de survivre à cette déconstruction en règle, le tout sera également retransmis en live sur facebook. L'état de l'art sera télévisé ou ne sera pas.







m









SOTA
ANNEXE
chez Eva