École polytechnique fédérale de Zurich (Zürich)
Kunst am Bau
2024
Musée d'art de Pully (pully)
Collective
2024
Galerie C (Paris)
Solo
2023
MEP Maison européenne de la photographie (Paris)
Solo
2023
Vontobel (Zurich)
Collective
2023
Gymnase de Bussigny (Bussigny)
Kunst am Bau
2023
Museo dei Cedri (Bellinzona)
Collective
2023
Victoria Hall (Genève)
Performance
2023
Petit Théâtre (Lausanne)
Collective
2022
Les 6 Toits (Genève)
2022
Musée Jenisch (Vevey)
Solo
2022
KKL (Luzern)
Performance
2022
La Source HES (Lausanne)
Performance
2022
Rhodanie 58 (Lausanne)
Kunst am Bau
2022
Galerie C (Neuchâtel)
Collective
2022
La Souce HES (Lausanne)
Kunst am Bau
2022
Grand théâtre (Genève)
Performance
2021
Westerpark (Amsterdam)
Performance
2021
Westerpark (Amsterdam)
Solo
2021
Tableau Zürich (Zürich)
Solo
2021
Musée des beaux Arts de Lausanne (Lausanne)
Performance
2021
Kali Gallery (Luzern)
Solo
2021
Place Pestalozzi (Yverdon)
Performance
2021
Rotonda la Mobiliare (Locarno Film Festival)
Collective
2021
Museo Villa dei Cedri (Yverdon)
Collective
2021
Duflon-Racz (Bruxelles)
Solo
2021
Fondation Mère Sofia (Lausanne)
Collective
2021
Valentin 61 (lausanne)
Collective
2021
nomadicartprojects (Olten)
Solo
2020
Stiefels Hopfenkranz (Luzern)
Solo
2020
SUDPOL (Luzern)
Performance
2020
Quartier Général (La chaux de fond)
Solo
2020
Quartier Général (La chaux de fond)
Performance
2020
Salle des merveilles La Mobilière (Nyon)
Solo
2020
Duflon Racz (Bern)
Solo
2020
Henie Onstad Kunstsenter (Norway)
Collective
2020
NEST (The Netherlands)
Collective
2020
Edition VFO (Zürich)
Performance
2019
Edition VFO (Zürich)
Collective
2019
Stiftung Binz 39 (Zürich)
Collective
2019
Locarno Film Festival (Locarno)
Collective
2019
La Mobilière Headquarters (Bern)
Solo
2019
ARSENIC (Lausanne)
Performance
2019
ARSENIC (Lausanne)
Kunst am Bau
2019
Musée des beaux-arts de Lausanne (Lausanne)
Kunst am Bau
2019
Mattatoio (Rome)
Collective
2018
Centre Pasquart (Bienne)
Collective
2018
APPROCHE Paris (PARIS)
2018
twenty14 contemporary (Milano)
Collective
2018
Cité Internationale des Arts de PARIS (PARIS)
Solo
2018
Cité Internationale des Arts de PARIS (PARIS)
Performance
2018
South Tanks - Tate Modern (London)
Performance
2018
Le Commun (Genève)
Collective
2018
Festival CONVIVENICA (Toulouse)
Collective
2018
Tate Modern (London)
Collective
2018
Galerie Kernweine (Stuttgart)
Collective
2018
Despacio (San José Costa Rica)
Solo
2018
DISINI Visual Arts Festival (Singapore)
Collective
2018
Vitrine Gallery (Basel)
Solo
2017
Vitrine Gallery (Basel)
Performance
2017
Abattoirs de Toulouse (Toulouse)
Performance
2017
Lily Robert (Paris)
Solo
2017
Médiathèque des Abattoirs de Toulouse (Toulouse)
Kunst am Bau
2017
Aldama fabre gallery (Bilbao)
Collective
2017
Barraco Cultural (Puerto Alegre)
Collective
2017
Kunsthaus Langenthal (Langenthal)
Collective
2017
Kunsthaus Langenthal (Langenthal)
Performance
2017
Lily Robert (Paris)
Collective
2017
Seen Fifteen (London)
Performance
2017
Seen Fifteen (London)
Installation
2016
Motel Campo (Genève)
Collective
2016
Centre Culturel Suisse (Librairie) (Paris)
Performance
2016
La Filature (Mulhouse)
Solo
2016
Galerie Olivier Robert (Paris)
Solo
2016
Fotofestival Verzasca (Sonogno)
Collective
2016
LILY ROBERT (PARIS)
Collective
2016
Halle 4 // Messeplatz Basel (Basel)
Collective
2016
Palais de Tokyo (Paris)
Collective
2016
Quai 1 (Vevey)
Solo
2016
Art Genève (Genève)
Solo
2016
le Commun (BAC Genève)
Collective
2016
Photo50 - London Art Fair (London)
Collective
2016
Sonnenstube (Lugano)
Collective
2015
Musée des Beaux-Arts de Lausanne (Lausanne)
Collective
2015
FOTOFESTIVAL (Sammlung Prinzhorn, Heidelberg)
Collective
2015
Espace Arlaud (Lausanne)
Installation
2015
Project Space : Centre d’Art Contemporain (Genève)
Collective
2015
Project Space : Centre d’Art Contemporain (Genève)
Collective
2015
Tate Modern (London)
Performance
2015
Project Space : Centre d’Art Contemporain (Genève)
Solo
2015
Sonnenstube (Lugano)
Kunst am Bau
2014
Centre d'art Circuit (Lausanne)
Collective
2014
Centre pour la photographie (Genève)
Collective
2014
Saint Valentin (Lausanne)
Collective
2014
Villa Bernasconi (Genève)
Collective
2014
LOKAL INT (Bienne)
Collective
2014
Galerie Azzedine Alaïa (Paris)
Collective
2013
Le commun, BAC (Genève)
Collective
2013
Centre Pasquart (Bienne)
Collective
2013
serre du jardin botanique / Nuit des musées (Genève)
Collective
2013
Centre de la photographie Genève (Genève)
Collective
2013
Fotomuseum Winterthur (Winterthur)
Collective
2012
USINE KUGLER (Genève)
Collective
2012
Festival Images (Vevey)
Collective
2012
FOTOHOF Salzburg (Salzburg)
Collective
2012
Abstract (Lausanne)
Collective
2012
galerie Edouard Roch (Ballens)
Collective
2010
Standard-deluxe (Lausanne)
Collective
2010
Rencontre de la photographie (Arles)
Collective
2008
VFG (Zürich)
Collective
2008
VFG (Genève)
Collective
2008

Nuit Blanche CCS Live

,

Centre Culturel Suisse (Librairie) (Paris)

01.10.2016

Inciser le réel
Buvette & Maya Rochat
Maya Rochat use de l’acte photographique tout en le poussant dans ses retranchements les plus reculés.

Alors qu’elle s’est formée à la photographie, Maya Rochat semble vivre avec elle une relation amoureuse houleuse, basée sur une confrontation perpétuelle ou elle et son médium lutte chacun pour trouver sa place dans le couple. Il paraît tout aussi difficile d’évoquer le travail de l’artiste et son examen du réel d’un point de vue univoque basé sur une conception réductrice mais tenace de la photographie. Dès la diffusion à large échelle du procédé dans les années 1850, la photographie s’est retrouvée captive de son rôle de pourvoyeur de traces du réel dans le champ de la représentation. De la science à l’art, de la fiction au reportage, tout un ensemble de disciplines et de genres se sont développés, notamment à travers l’ère de la modernité, sur la confiance et la croyance alors clairement ontologique que ce qui est photographié est le réel

Tout un pan de la construction des images et de nos représentations visuelles s’est ainsi basé, fixé sur cet effet de croyance et de fidélité. Nous savons aujourd’hui que ceci est illusoire dans la mesure ou, notamment par le développement technologique du médium de l’argentique au numérique, il est désormais admis que la photographie étant le résultat d’un dispositif optique, c’est notre regard qui concède à la photographie un quotient de réalité.

Accompagnant ce constat, Maya opère dès lors une dématérialisation du médium au profit de l’expérience cathartique sublimant les pulsions et donnant formes aux instincts émancipateurs. La déconstruction méthodique de la photographie se fait à l’instar d’une lame de fond : puissamment, de manière imprévisible mais déterminée. Pas de lâcheté non plus dans l’acte. Maya réalise elle encore toutes les prises de vue initiales avant de leur faire subir les affres de la transmutation. Déchirées, découpées, superposées, recomposées, entremêlées puis peintes, sprayées, lessivées à la javel, une véritable séance de torture est offerte à chaque image. Au final, ce n’est pas tant la destruction de la photographie qui est recherchée qu’une nouvelle délimitation territoriale de celle-ci en vue d’une expansion quasi invasive sur les territoires rivaux des arts visuels et de l’installation. Bien loin des expériences des pictorialistes des années 1900 et des surréalistes, Maya conserve cependant de ces illustres prédécesseurs la même envie de dénoncer l’idée d’un « réel photographique » au profit d’une conception favorisant davantage l’idée de construction dans l’acte photographique.

C’est peut-être dans cette idée que la coupe, ou incision, devient un geste emblématique de son travail. Il est vrai que le geste de la coupe est inextricablement lié au médium lui-même. Dès lors que le cadrage est opéré, que l’obturateur s’est refermé, une fraction du réel se retrouve détaché de ce qui l’entoure. La coupe indique dès lors l’ensemble par le fragment qui devient une architecture de l’évocation. Maya l’a bien compris en tailladant allégrement le réel afin de le réduire à sa substance la plus minime mais aussi expressive. Les corps et les paysages ainsi violentés survivent alors dans leur identification bien que recouvert de couleurs vives et saturées et fréquemment associées les une aux autres dans des jeux d’installations ou murs et images se répondent non sans n’en faire qu’un mais en s’insinuant les uns dans les autres. Ces gestes, aussi brutaux qu’ils paraissent, ne sont que le moyen trouver par Maya pour faire entrer ce réel bien trop grand dans l’image. Et ce si grand, qu’il déborde de toutes parts. Il en a notamment été ainsi lors de son exposition Too Much Metal For One Hand à Quai n.1 à Vevey ou lors des Prix fédéraux à Bâle au mois de juin où dans chacun de ces cas, l’image « s’effondre » du mur sur le sol et s’affranchit autant de la pesanteur que du mur.

A l’occasion de son intervention au Centre culturel suisse de Paris, Maya propose un « one-shoot » qui consistera à vivifier les images qu’elle aura préalablement disposées dans l’espace. Si la peinture fusionnera à nouveau avec la surface lisse des tirages, la musique viendra contribuer à créer une expérience immersive proche d’une Gesamtkunstwerk. L’image se réduit alors dans ce cas de figure à une trame de base mise en mouvement cette fois-ci par les ornements mélodiques et les syncopes rythmiques.

Marco Costantini est conservateur au mudac à Lausanne et enseigne à l’ECAV, école cantonale d’art du Valais.